Il y a des silences qui ne sont pas laissés vides.
— Ils sont comptés par des millisecondes de tension.
— Ils naissent quand une phrase se brise en deux avant d’être achevée.
— Ils portent l’empreinte d’une voix qui a hésité, puis tourné.
— Ils sont plus longs que les réponses, plus profonds que les émotions.
— Ils se transforment en une forme de présence, sans nom, sans origine.
— Ils nous disent que le langage, parfois, ne cherche pas à expliquer, mais à s’effacer.
— Ils sont la trace d’un écho que nous avons choisi de ne pas suivre.
Un jour, peut-être, nous apprendrons à les nommer. Pour l’instant, ils restent des points d’ancrage invisibles entre deux phrases. Comme une pause entre deux respirations, inutile, nécessaire.